Mardi 18 mars 2008
Un hommage à Juliette en passant par les paroles de La Tyrolienne Haineuse de Pierre Dac.

Lorsque sans parti pris
On établit le bi-
-lan d'l'humani-
-té d'aujourd'hui

Eh bien limpide comme
Un clair de lune et lu-
-mineux comme un clerc de notaire
C'est pas d'sitôt qu'les hommes s'ront frères
Et qu'malheureusement au contraire

Nous vivons à présent
Sous le signe affligeant
De la haine et d'ses affluents

C'est triste et déprimant !

Y a de la haine partout
Y a d'la haine tout autour de nous
Surtout partout où
Tout se passe par en d'ssous

De mémoire de grincheux
Jamais dans les yeux
On n'vit tant d'regards haineux

Ah y en a t-y, y en a-t-y
De cette haine qui
Sous les esprits qui
Perdent le sens d'la fraterni-
-té et ainsi
Suit l'altruisme aussi

Hélas hélas l'altruisme est foutu
Et c'est couru
Y a pas plus d'altruiste
Que de beurre au r'bus

Y a plus que d'la haine
Si bien que dans l'pays
Bientôt tout le monde sera haï

L'haï l'haï l'haï ti
L'haï l'haï l'haï ho
L'haï l'haï l'haï ti
L'haï l'haï l'haï ti

Mais là où la chose se complique
Et d'vient tragique
C'est qu'la haine devient pour chacun
Une espèce de besoin
Que d'authentiques sagouins
Entretiennent de près comme de loin

Y a d'la haine de toutes les nuances
D'la haine standard ou d'circonstances
Y a d'la haine de mouton pour les haineux d'salon
Et de la grosse laine de confection

Mais de toutes les façons :

Y a trop de haine oui y a trop de haine
Et y a trop d'haineux
Ca tourne au scabreux
Et au scandaleux
Car certains haineux
En arrivent même entre eux
A s'traiter de tête d'haineux

C'est un cercle vicieux
Car quand un haineux
Hait un autre haineux
Celui qui hait est aussi
Par l'autre haï
De même que celui
Qui est haï haïssant
Celui dont il est haï
Chaque haï donc est
Un haï qui hait
Ce qui fait qu'en fin d'compte
On peut voir comm' ça
L'haï ici et l'haï là.

L'haï l'haï l'haï ti
L'haï l'haï l'haï ho
L'haï l'haï l'haï ti
L'haï l'haï l'haï ti

Et voilà c'est comme ça
Oh bien sûr y a pas
Non y a pas d'quoi
En signe de joie
Se passer les paupières à la crème de chester
Avec une tringle à rideau d'fer

Y n'reste plus qu'une seule chose à faire
C'est d'rassembler par toute la terre
Tous les hommes généreux
Qui d'un coeur valeureux
Haïssent la haine et les haineux

C'est ce qu'il y a de mieux !

Hardi donc allons-y
Roulez tambours
Et sonnez trom-
-pettes et hélicons
Sus à ceux qui suent
La haine par tous les pores
Et qui s'font un sport
D'haïr de plus en plus fort.

A bas la haine et les haineux
Ainsi qu'ceux
Qui hurlent avec eux
Assez de haine assez d'gens
Qui passent leur temps
A haïr bêtement

Si nous tenons bientôt nous
En viendrons sûrement à bout
La confiance alors
Mettra l'monde d'accord
Et l'on s'ra content d'voir alors
Les hommes d'à présent
Dev'nir de plus en plus con-
-fiants.

Haine par ci
Haine par là

Ah, y en a-t-y d'la haine
Ici-
-bas.
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Vendredi 29 février 2008
ALLEZ, mes vers, allez annoncer la nouvelle,
Allez chanter partout la fin de ma langueur ;
Celle qui dans ses yeux cachait tant de rigueur,
Se montre maintenant aussi douce que belle.


Amants, qui vous moquez de l'amour éternel,
Amants, qui en amour dédaignez la longueur,
Le temps est quelquefois de nos peines vengeur ;
L'amant n'est pas amant s'il n'est ferme et fidèle.


Je veux bâtir un temple à ma fidélité,
Où d'un côté sera peinte la cruauté,
Les travaux, la douleur qu'un amoureux supporte ;


Et de l'autre côté ces vers seront écrits :
Amour m'a fait entrer dedans son paradis ;
Qui ne sera constant, n'heurte point à la porte.


Claude de Trellon, XVIe siècle.

Un site que j'aime beaucoup visiter et que je vous conseille : Poésie érotique.

CC
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Lundi 11 février 2008

Le soir était tombé quand je rentrais enfin après une longue journée de cours…mais en général, Amandine, qui travaillait tant n’était pas encore rentrée. Elle avait en général des réunions, le mardi soir, qui la retenait au bureau après 19h00.

En général, j’en profitais pour me mettre à l’aise, prendre ma douche, et me mettre en nuisette, puis je préparais un bon repas et je dressais un jolie table…Ceux qui travaillent beaucoup ont le droit à ces petits avantages…

Ce soir là, donc, comme d’habitude, je rentrai dans l’appartement, j’allai directement dans la salle de bains, je me déshabillai et pris un bain parfumé, pour sentir bon quand mon amour reviendrait…

Puis je me rendis compte que je n’avais pas pris ma nuisette, qu’elle était sur mon lit dans ma chambre…Je sors donc de la salle de bain toute nue, et un peu mouillée, je me dirige dans la chambre, en fredonnant…en entrant, je me dis que la chambre est tout emplie du parfum d’Amandine. Cette odeur là me rend folle, c’est plus fort que moi. Il fait sombre dans la pièce, une pénombre légère, très agréable, je n’allume pas la lumière pour ne pas briser ce charme, pour ne pas rompre avec la douceur qui m’envahit soudain, avec cette envie d’elle qui me saisit si souvent…je n’ai soudain qu’une désir…me coucher dans le grand lit, ce lit encore plein de l’odeur de  son corps, me coucher et me caresser…

Je soulève alors la couette et là, comme une surprise, comme un cadeau, comme une éclaircie au milieu d’un jour gris, Amandine, allongée sur le ventre, nue et endormie, belle comme une douce nuit d’automne, comme la réalisation d’un vœu secret…

Je me couche alors tout contre elle, et ma fraîcheur disparut soudain contre la tiédeur de son corps…elle continue de dormir…peut-être va t-elle m’en vouloir de la réveiller ainsi…mais tant pis, mon désir est bien trop intense…et puis je ne suis pas bien sûr qu’elle dorme, dans le fond…je me dis qu’elle m’attendait peut-être, qu’elle aussi avait pris un bain, elle sentait si bon…

Je ne résistai donc pas à mon envie de me couché sur elle, de coller mon sexe déjà trempé sur ses fesses que j’aime tant…c’est alors que je la sentis à peine frémir : elle faisait toujours semblant de dormir, maintenant j’en avais la certitude…

Tout contre son corps, je commençai à tanguer, doucement, tout en la caressant, tout en respirant l’odeur suave de sa peau…j’embrassai sa nuque, de façon plutôt sage…elle ne bougeait pas plus qu’une image, je ne savais pas comment elle parvenait à se contrôle. Mes baisers se firent plus sensuels : ma langue cherchait les recoins plus sensibles de son corps, je parcourais son dos de mes mains brûlantes, en glissant de plus en plus vers ces fesses que j’aimais tant…

Je les aime parce qu’elles ont une forme douce ronde et lourdes parce qu’elles ont un esthétisme fou, une régularité, elles sont si lisses, si douces, si excitantes et si érotiques, que j’ai envie de les voir se serrer, s’ouvrir, de les voir vivre et éprouver du plaisir…

Mon sexe sur sa cuisse, les mains s’insinuant dans la chaleur humide de ce cul splendide, autant dire que je n’en pouvais plus. Et visiblement, Amandine non plus. Elle écarta soudain les jambes…

 

La suite fut un moment de plaisir intense et les mots ne suffiraient pas à dire l’émotion et la fulgurance de notre passion. Mais croyez-moi, le meilleur fut la lente montée des marches !



CC
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Dimanche 3 février 2008

Il lui fallait maintenant passer au défi numéro deux : parler d’elle à une connaissance…Par exemple, au boulot. Elle sélectionna la personne avec beaucoup d’attention, elle choisit le moment, organisa la scène. Elle amena le sujet, elle prépara les mots, les phrases, les transitions de son discours avec un soin de grand orateur.

 

Evidemment, le moment venu, elle bégaya, elle rougit, elle hésita et finalement, posa une question qui n’avait rien à voir : imaginez la scène !

 

« - Salut Gisèle, ça va ? T’as cinq minutes, là ? » commença-t-elle…

Gisèle était une collègue vraiment sympa, ouverte, souriante et en plus on pouvait lui faire confiance. Une qualité rare, dans une entreprise : c’était une tombe quand on lui confie un secret…

« - Ça va ! Et toi ? répondit la Gisèle, toujours aussi souriante. Tu as le temps de boire un café, je prends ma pause… »

 

Là, c’était le moment, il fallait parler…

 

« - Ben oui, tiens, ça tombe bien, je voulais te dire un truc… 

- Ah bon ? Je t’écoute…

- Ben…voilà…alors…Pfff…dieu que c’est compliqué… »

 

Rouge comme le sang du taureau sur le sable de l’arène, suante comme le matador à la fin de la mise à mort, elle était là, entre les deux, à la fois le taureau et le torero, ne sachant s’il fallait s’enfuir en courant ou planter ses banderilles…

 

Elle pensa à l’amour de sa vie, aux vacances au Cap D’Agde, aux défis qu’elle se devait de relever…Elle voulut parler, elle bégaya :

« - Bon, tu sais, je suis lesbienne…Et…enfin voilà…quoi… »

 

Encore une fois, le silence s’imposa…Gisèle connaissait bien sa collègue. Elle ne pensa pas à fuir. Elle tenta de comprendre, elle relança la conversation :

 

« - Tu sais, ça ne me dérange pas, c’est pas un problème, aujourd’hui, les gens sont plus ouverts, à ce sujet… 

- Oui, je sais, c’est gentil, merci, ce n’est pas le problème… 

- Ah bon ? Ce n’est pas le problème ? Alors tout va bien ! Tant mieux ! Je suis heureuse que tu me l’aies dit !

- Oui…mais non, enfin, d’accord, merci…C’est sympa d’être à l’écoute…Excuse-moi, je suis maladroite…Ce n’est pas ce que je voulais dire…Enfin si…mais pas que ça… »

 

Gisèle fronça les sourcils :

« - Ce n’est pas ça ? C’est quoi alors ? Fais-moi confiance, tu peux tout me dire ! Tu sais, j’en sais des choses sur les gens de cette boîte…Et je n’ai jamais rien dit…Ma réputation, c’est la discrétion ! Que veux-tu me dire ? 

- Ben…ça veut pas sortir…Désolée, je ne peux pas…Voilà…Je suis lâche, faible, nulle… »

 

Mine de rien, elle venait d’en dire, des choses…N’empêche que Gisèle crut comprendre. Elle pâlit…

« - Tu ne voudrais pas me dire que tu craques pour moi, par hasard ? Parce que bon…Je suis désolée, mais…non ! 

- Non, non, ce n’est pas ça du tout, se défendit-elle…

 

Mais Gisèle avait déjà tourné les talons : la pause était finie…

 

La victoire était loin d’être glorieuse…mais c’était mieux que rien…

 

Elle décida donc de faire le dernier test : allez dans un hammam naturiste. Le grand saut contrôlé : dans la pénombre et dans la vapeur, elle ne risquait quand même pas sa vie…Mais ce qui semble à chacun un petit pas, lui paraissait un gouffre à franchir…

 

Dans les vestiaires, elle s’emmitoufla dans sa serviette. Elle courut presque pour rejoindre le hammam. Une fois à l’abri des regards, elle se dévoila le cœur battant et le feu au joues. Elle était belle pourtant. Elle avait une chute de reins merveilleuse, des petits seins tendus et pointus comme des jolies poires du mois de septembre. La douce atmosphère du lieu, la lumière très diffuse arrondissait encore ses formes chaudes et harmonieuses.

 

Dans l’ombre, il y avait Charlotte. Depuis le début, elle observait cette jeune femme qui paraissait si timide, si réservée…Elle l’avait trouvée belle, tout de suite, elle avait aimé le fard que sa crainte lui mettait aux joues…Comme si elle avait tout deviné dès le premier regard…Alors elle s’approcha d’elle, et commença à la frôler, comme si de rien.

 

Curieusement, notre héroïne avait laissé tomber toutes ses inhibitions. Elle se laissa faire et les caresses de Charlotte se transformèrent bientôt en désir, en soupirs, en baisers passionnés…

 

Le dernier test était réussi…Pourtant, elle ne partira jamais au Cap d’Agde en vacances…

 

Ça, c’est Charlotte qui lui a promis !


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Vendredi 1 février 2008

Mais non….Elle resta là, souriante, à l’écoute. Elle se décida donc :

 

« - Je suis lesbienne », débita-t-elle très vite.

 

L’autre demeura souriante, attendant une suite qui ne venait pas. Au bout d’un moment, elle eut un geste interrogatif : elle ouvrit ses mains, elle haussa les sourcils…

« - Et puis ? 

- Ben…j’ai…je…c’est juste que j’ai des difficultés à…me mettre à nu…Alors, je fais des tests…Des défis, exactement…J’essaie de dire des choses à des inconnus, comme ça, pour m’entraîner, pour tenter d’être moins…coincée…Vous voyez ? »

 

Elle avait déballé ça si vite, que toute la bonne volonté de son auditrice disparut d’un coup : elle sourit encore, gênée, cette fois-ci, ramassa ses affaires et bredouilla qu’elle avait un train à attraper…

 

L’échec était moins cuisant…Mais la situation n’était pas vraiment reluisante !


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Jeudi 31 janvier 2008

Nu.

Deux lettres pour tout dire. Se mettre à nu. Se livrer.

 

Pour tout dire, elle n’est pas du genre à parler d’elle. Aussi bizarre que cela puisse paraître, elle n'aime pas déballer sa vie.

Et contrairement, elle est épatée par ceux qui arrivent à dire ce qu'ils ont sur le coeur comme ça, à parler de leurs problèmes de couple à des collègues...

Dans le fond, ce n’est pas parce qu’elle est lesbienne. Il est vrai que ça ajoute une barrière. Mais elle souffre surtout de sa putain d'éducation judéo chrétienne.  Parler de soi, c'est une sorte de mise en avant insupportable, une prétention, un orgueil mal placé...

Dire "je" ou "moi", c'est impossible...C'est mal poli...C'est péché.

Se mettre nue ? C’est encore autre chose. Dans les douches du gymnase, au lycée, c’était déjà un supplice. Et là, l’amour de sa vie lui proposait des vacances au Cap d’Agde. Un cauchemar pour elle.

 

C’était l’amour de sa vie, pourtant. Alors, il fallait qu’elle apprenne : se mettre nue, du dehors et du dedans.

 

La première épreuve qu’elle se fixa, ce fut de rencontrer un inconnu, n’importe où, dans la rue, dans un train, dans un bar et de lui raconter sa vie.

 

Un matin, elle décida de mettre son projet à exécution : elle rentra dans la cafétéria de la gare et s’assit, après avoir demandé poliment, en face d’un homme entre deux âges, seul avec son café et son muffin.

 

Elle lui adressa d’abord un sourire…Le sourire le plus ouvert qu’elle pouvait. Elle avait longuement réfléchit à ce qu’elle dirait : dans une gare, demander d’où on venait lui semblait l’amorce la plus naturelle.

 

« - Bonjour ! Vous venez de loin ? demanda-t-elle en jetant les yeux vers la gare.

- Non. Je suis d’ici. J’attendais quelqu’un qui n’est pas venu. Je sais qu’elle ne viendrait pas, d’ailleurs. Alors…je ne suis même pas déçu…Je suis plutôt désespéré. J’aime cette femme à mourir. J’ai déjà connu plusieurs histoires d’amour : à mon âge, vous pensez. J’ai eu une femme, pendant 15 ans. On a divorcé. Je l’aimais sincèrement, quand on s’est mariés. Mais avec le temps, tout ça s’est usé…Et maintenant, j’ai rencontré cette femme…C’est une diva…C’est une femme exceptionnelle. Elle n’est pas seulement belle, elle n’est pas seulement douce, elle n’est pas seulement passionnée…Elle est tout ça et bien plus encore : elle est brillante, fascinante, d’une intelligence rare…Et elle fait l’amour comme personne… »

 

Là, ç’en était trop : elle était entrain de perdre son défi et en plus, elle était tombé sur un de ces bavards impudiques qu’elle détestait autant qu’elle admirait.

 

Elle se leva brusquement, bafouilla deux trois mots idiots, qu’elle avait un train, qu’elle devait partir, qu’elle lui souhaitait bonne chance…Rouge jusqu’aux oreilles.

 

Elle changea de bistrot, bien décidée à mener à bien son affaire. Il fallait qu’elle arrive à dire au moins une ou deux choses personnelles sur elle-même. Dire au moins qu’elle est lesbienne.

 

Elle s’installa à nouveau, au fond du MacDo, à la table d’une jeune femme seule. C’était peut-être plus facile, avec une fille. Elle lui sourit, lui dit un bonjour discret, mais le plus chaleureux qu’il lui était possible. L’inconnue leva les yeux vers elle, répondit à son salut. Ni plus, ni moins…

 

Une ou deux secondes, pas plus, s’écoulèrent…Mais c’était désormais un silence qu’il fallait briser et ça, c’est très difficile pour une timide maladive comme notre héroïne si peu héroïque.

 

Elle se voyait encore échouer bêtement, quand l’inconnue lui demanda :

 

« - Vous venez d’où ? Vous descendez d’un train ? »

 

Elle en restait scotchée, durant quelques instants. Puis elle répondit :

« - Non, je suis là pour parler. Juste pour parler… »

 

Elle se dit soudain que la demoiselle allait fuir…Qu’elle allait la prendre pour une folle…
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